Présentée le 11 mars 2011 aux Instants Magnétiques à l’Espace Pasolini, Valenciennes
et le 26 mars 2011 à la soirée de clôture du Festival Artdanthé, Théâtre de Vanves, scène conventionnée pour la danse
Conception, mise en scène et interprétation Mr X & Mr J
Création lumière Antoine Barré-Foncelle
Scénographie Mr X & Mr J en collaboration avec Christophe Boisson
Mix du tableau I Cut Killer
Création vidéo graphique Pierre Nouvel
Création vidéo du tableau Mr X & Mr J
Texte du tableau II Sweet Ceylan Russel
Régie générale Jordan Deloge
Régie costumes et accessoires Sonia Bosc
Résidences et coproductions le Théâtre de Vanves, scène conventionnée pour la Danse, l’Espace Pasolini Valenciennes, Le Manège Mons/Maubeuge, Centre dramatique, La Chartreuse Centre National des Écritures Contemporaines Villeneuve lez Avignon.
Le projet A.H aptitude héréditaire est issu de la résidence Les inclassables 2009 à Montréal (Culturesfrance, le Conseil des Arts et des Lettres du Québec, l’Office Franco Québécois pour la Jeunesse).
Durée 1h
L’interdisciplinarité questionne autant les formes, que la réception et le langage susceptible de témoigner de l’expérience vécue. En ce qui concerne notre travail, qui mélange danse, théâtre, vidéo, il semble que le vocabulaire pictural soit le plus à même d’en rendre compte. Nous ne travaillons en effet ni à une dramaturgie classique ou narration, ni à un pur exercice des corps et du mouvement. Notre démarche, comme celle de certains metteurs en scène flamands, vise à la création de tableaux vivants, qui oeuvrent autant une polysensorialité qu’une pluralité de sens, réfutant toute perception unique et totalisante du plateau.
La vidéo intervient très tôt dans notre processus de travail, afin de définir un territoire. Elle est à la fois exploration du réel et ouverture sur un voyage et une errance. Elle nous permet de fixer un personnage, que nous appelons « figure » : une solitude, un corps, que nous défendons comme forcément étranger à soi, à l’autre, au monde.
L’espace théâtral, qui se crée à partir d’improvisations, intervient dans un deuxième temps, comme possibilité de recréer du lien. Entre ces personnages d’abord : un lien ténu, parfois absurde, dans un raccord de tissu, dans une corde tendue par l’un qui suspend l’autre, qui passe par la digestion du pire, du plus dérisoire et qui transcende toute violence et toute marginalité. Un lien qui ne s’incarne pas dans la parole mais dans deux corps vivants, en transformation.
Il y a bien sûr des lectures de Faulkner et de Steinbeck dans notre travail, de tous ces idiots et de ces fous, qui chez nous sont, femmes, homosexuels, étrangers et qui, dans la société d’aujourd’hui servent plus que jamais de monnaie d’échange. Il y a, sur toile de fond de cette société contemporaine marchande, de bruits et de conquêtes, l’envie de leur créer une place. De leur tisser une histoire, à travers peut-être la seule cellule qui ne puissent être récupérée : celle du corps et celle du couple.
Dans ce voyage ubuesque, le lien que nous partageons avec le spectateur est celui du pouvoir rendu. La possibilité d’interpréter ou non, de sentir ou de refuser. D’être seul aussi, petits corps humains parmi un grand corps social et politique.
C’est la démarche honnête que nous avons. Nous n’emmenons personne par la main et personne n’est forcé à nous suivre.
Qu’est-ce qui se mélange et qui reste ? Qu’est-ce qui s’invente, en dehors des codes et des formes ? Peut-on s’exclure de l’héritage inconscient, de la culture populaire, de la suprématie occidentale ? Quelles possibilités pour créer, dans le conditionnement de la condition humaine ? Qu’est-ce qui nous reste ? Hein ?
I. Territoire Feat. Jane Pateen & Steve, inspired by Todd Hopper, Rob Zombie, John Waters, La Guerre du Feu, the Grindhouse movies et les Men’s adventure magazine des années 50/60
II. Possession Feat. Anna & Anna inspired by Andreij Zulawski, Barry Lyndon de Stanley Kubrick, Mary Wigman et le Headbanging
III. Rejet Feat. Penny & Victoire inspired by Gus Van Sant, Britney Spears, Hans Bellmer, Francis Bacon
IV. Justice Feat. Rupert & Brandon inspired by Alfred Hitchcock, Frankenstein de Marie Shelley, le rétro-futurisme, la Bible
Claire Maugendre
Fanadeep
Textes écris par des étudiants de l’école des Beaux-arts de Valenciennes
« L’homme est un loup pour l’homme. » Thomas Hobbes.
A.H aptitude héréditaire, c’est le retour aux sources de l’homme, remis dans un contexte d’animal. Il a des proies, de son espèce parfois. Ses rituels peuvent être étranges, inutiles. Avec force références culturelles, Fanadeep nous plonge dans une atmosphère visuelle rare, qui met en scène la condition humaine et ses contrariétés: l’errance, la mort, l’échec, le fiasco. Autant d’aspects qui, nous montre Fanadeep, font partie intégrante de la vie humaine. Le message est pessimiste ? Attendez la suite. C’est l’homme lui-même qui semble, à travers la création, faire naître son désarroi. L’excès matérialiste le dénature, les rencontres manquées et les amours
perdues le désespèrent… Mais ce n’est encore rien. Le film Rope d’Alfred Hitchcock, cité pour sa fin, manifeste un certain cannibalisme ou, pour le moins, illustre les dires de Thomas Hobbes ; des hommes tuantd’autres hommes au nom d’un prétendu écart spirituel.
« DON’T EAT ME ALIVE ».
Adrien Lietard
Aptitude Héréditaire par Fanadeep… Voilà un voyage que je ne regrette pas d’avoir fait. Parce qu’il est terriblement fascinant. Parce qu’il est singulier, inopiné et intéressant. Parce que l’Homme est aliéné à ses besoins primaires. Parce que l’espace scénique est réinvesti. Parce que l’on peut se perdre dans l’immensité des raccordements neuronaux. Parce que la violence est belle et bien là, même si elle s’affiche souvent derrière le masque de la virtualité. Parce que les deux extrémités ne sont peut-être pas si éloignées. Parce que la loi dominant/dominé n’est pas négociable. Parce que les moyens techniques parviennent à éveiller nos sens. Parce que, malgré de belles illusions, l’échec rôde. Parce que la sexualité accapare les pulsions refoulées et demeure ainsi un exutoire privé. Parce que les acteurs n’imposent pas une Vérité. Parce que beaucoup de questions restent en suspens. Parce que c’est avant tout de l’art. Parce que quelques ‘’parce que’’ ne suffisent pas à rendre compte de ce que l’on a vécu…
Louise Coly
A story(ies).
Bande son, on va dire « War Pigs » des Black Sabbath.
Hommes. Ou bien des femmes. Non des Mibêtes.
On transpire dans ce monde de brutes, on se déconnecte dans ce monde de fous.
Hérédité bestiale
Hérédité de fou
Rupture
- Mais qu’est-ce qu’on fait là ?
- Demandons à Carrie.
- Et les poireaux alors ? Ils sont bien vivants.
- Comme les animaux que vous mangez.
- Nous sommes tous à la base des animaux.
- Perdus…
- Mettons nos masques, et mourrons
Emilie Gilson